Le microbiome cutané: un écosystème qui évolue
La peau possède son propre climat
Voici probablement l’une des notions les plus utiles pour comprendre le microbiome:
les micro-organismes vivent dans un environnement créé en partie par votre peau.
Votre peau produit du sébum.
Elle contient de l’eau.
Elle transpire.
Elle libère différentes molécules.
Elle possède un pH légèrement acide.
Elle se renouvelle continuellement.
Tout cela contribue à créer les conditions dans lesquelles certaines populations microbiennes peuvent vivre plus facilement que d’autres.
Le pH de la surface cutanée est généralement acide, souvent autour de 4 à 6 selon la zone et les conditions de mesure.
On parle parfois de «manteau acide».
L’expression peut sembler mystérieuse, mais l’idée est simple: la surface de la peau possède une chimie particulière qui contribue à son fonctionnement.
Et cette chimie n’est pas indépendante du microbiome.
C’est donc un véritable système d’interactions.

Le microbiome n’est pas figé
Autre idée importante: votre microbiome n’est pas une population installée une fois pour toutes.
Il évolue.
L’âge, les hormones, la production de sébum, l’humidité, l’environnement et les habitudes de soins peuvent modifier les conditions dans lesquelles vivent les micro-organismes.
Le changement commence très tôt.

À la puberté, par exemple, l’augmentation de l’activité des glandes sébacées transforme considérablement l’environnement cutané et s’accompagne de modifications importantes du microbiome.
Puis, au cours de la vie adulte, certaines communautés peuvent rester relativement stables chez une même personne, tout en continuant à subir les influences de l’environnement.
Avec l’âge, les changements de sébum, d’hydratation et de barrière cutanée peuvent à leur tour modifier cet écosystème.
Mais attention à une idée séduisante que l’on rencontre parfois:
Le vieillissement est causé par le déséquilibre du microbiome.
La science ne permet pas de l’affirmer aussi simplement.
Les chercheurs observent bien des modifications du microbiome avec l’âge, mais il reste difficile de déterminer dans chaque cas ce qui est cause, conséquence ou simple association.
Cette nuance est importante.
Elle nous évite de transformer une découverte scientifique intéressante en promesse cosmétique.

Faut-il avoir peur de «tuer les bonnes bactéries»?
Pas exactement.
C’est probablement l’un des messages les plus exagérés autour du microbiome.
Le problème n’est pas qu’un nettoyage élimine temporairement certains micro-organismes.
La peau est constamment exposée à l’environnement et son microbiome est lui-même dynamique.

La vraie question est plutôt de savoir si certaines habitudes répétées peuvent modifier durablement l’environnement cutané, notamment en perturbant la barrière, en retirant excessivement les lipides de surface ou en modifiant le pH.
Certains savons ou nettoyants très alcalins peuvent notamment perturber le pH et la fonction de barrière, alors que la surface cutanée est naturellement acide.
Cela ne signifie évidemment pas qu’il faut arrêter de se laver.
Cela signifie simplement que:
nettoyer la peau et décaper la peau sont deux choses différentes.
Et cette distinction est essentielle.

Votre microbiome est aussi très personnel
Deux personnes parfaitement saines peuvent avoir des microbiomes cutanés différents.
Et même chez une seule personne, le microbiome du visage peut être différent de celui du bras.
Les recherches montrent que le site anatomique joue un rôle important dans la composition des communautés microbiennes.
Certaines différences entre les individus sont également importantes.
Cela explique pourquoi il est difficile de définir une recette universelle du type:
«Voici exactement les bactéries que tout le monde devrait avoir sur sa peau.»
La réalité est beaucoup plus intéressante.

Il existe des espèces fréquemment retrouvées chez l’être humain, mais leur proportion et leurs interactions peuvent varier considérablement.
Votre peau n’est donc pas un modèle standard.
Elle possède son propre environnement.

Et si une peau saine n’était pas une peau «parfaite»?
Nous avons parfois tendance à imaginer une peau saine comme une peau parfaitement lisse, uniforme, sans pores, sans rougeur et sans aucune imperfection.
Le microbiome nous oblige à regarder la peau autrement.
Une peau vivante est un système dynamique.

Elle transpire.
Elle produit du sébum.
Elle se renouvelle.
Elle héberge des micro-organismes.
Elle rencontre continuellement l’environnement.
Elle s’adapte.
La santé cutanée ne consiste donc pas nécessairement à rendre la peau parfaitement contrôlée.
Il s’agit plutôt de maintenir un environnement suffisamment stable pour que ses mécanismes naturels puissent fonctionner correctement.
Et c’est une différence importante.

Ce que vous pouvez retenir
Si vous ne deviez retenir que quelques idées de cette série, ce seraient celles-ci:
Le microbiome est vivant.
Il évolue constamment et n’est pas identique d’une personne à l’autre.
La peau crée son propre environnement.
Son pH, son sébum, son hydratation et ses autres caractéristiques influencent les micro-organismes qui y vivent.
Le microbiome n’est pas une armée de «bonnes bactéries».
C’est une communauté complexe dans laquelle les interactions comptent autant que les espèces présentes.
Nettoyer n’est pas forcément le problème.
C’est la manière de nettoyer, la fréquence et l’impact sur l’environnement cutané qui méritent notre attention.
Et surtout:
Une peau saine n’est pas une peau stérile. C’est une peau dont l’écosystème fonctionne dans un équilibre dynamique.
AVERTISSEMENT MÉDICAL: SZ fournit des informations générales à visée éducative. Elles ne remplacent pas l’avis, le diagnostic ou le traitement d’un professionnel de santé qualifié. SZ ne diagnostique, ne traite, ne guérit ni ne prévient une maladie. Pour toute décision concernant votre santé, consultez un professionnel qualifié.
Divulgation commerciale: Certains liens peuvent être des liens partenaires. SZ peut recevoir une commission d’entreprises canadiennes pour un achat admissible, sans coût supplémentaire pour vous et sans influence sur notre contenu éditorial.